Elections allemandes la déroute des sociaux démocrates

Le tournant pris par le SPD avec Gerhard Schroeder et poursuivi par son successeur Steinmeier, dont le fameux Agenda 2010 et les lois hart IV, lois antisociales, réduisant les chômeurs au RMI (euros 395) après un an sans emploi, les jobs à un euro, et récemment- la retraite à 67 ans ont été sanctionnés sans appel par les électeurs allemands.
Les faits en 1998 le SPD recueillait plus de 20 millions (40,1%) de voix, en 2005 il chutait à 16 millions, et hier il a fait9 988 000 de voix (23%). Cette chute est historique aucun parti n’a jamais autant perdu de voix d’une élection sur l’autre. En 11 ans le SPD a perdu un électeur sur deux.
Les sondages sur les raisons de cette déroute : en200555 % des électeurs reprochaient au SPD les lois Hartz IV, cette année ils sont67% à reprocher Hartz IV et la retraite à 67 ans. Pire en termes de crédibilité le SPD vient au dernier de tous les partis.
Parmi ses anciens électeurs plus de 2 millions se sont abstenus.
Le SPD en tournant le dos au monde du travail, à l’électorat populaire, en reniant toute politique de progrès social a perdu son âme, ruiné son image et connait le plus mauvais résultat de son histoire.
Hier les commentateurs en Allemagne soulignaient que le SPD n’était plus un grand parti (populaire) comme la CDU.
Die Linke, le parti de Gauche de Gregor Gysi et Oscar Lafontaine passe de 8,7 % à 12%. Son groupe parlementaire passe de 54 membres à76 membres.
Les leçons à tirer de ce scrutin : un parti de gauche qui renonce à son rôle de défenseur des salariés, du monde du travail court à sa perte. Martin Schulz, le leader du PSE à Bruxelles avec son double langage, pour l’Europe Sociale contre Barroso lors des élections européennes, dés les élections passées se partage le pouvoir avec la droite et permet la ré élection de Barroso, en ne présentant pas de concurrent à Barroso et en appelant à l’abstention, dévalorise son parti et affaiblit son camp. La sanction est tombée hier, LE SPD ne peut tromper impunément ses électeurs.
Cette défaite cinglante devrait interroger les socialistes français, la course au centre, les primaires, ne répondent pas au besoin de changement radical. Ou la sociale démocratie retrouve ses valeurs d’égalité, de progrès, de justice sociale, elle renonce aux politiques économiques de droite : monétarisme, politique de l’offre, ou le PS comme les sociaux démocrates poursuivront leur descente aux enfers. La troisième voie sociale libérale est morte hier en Allemagne.
28 Septembre 2009 Par Jean Bachelière ( Médiapart)