Cantonales: Non aux boites aux lettres collectives ! Vote Front de Gauche = Bailly dégage!
Le document interne à La Poste devait être tenu secret jusqu’à la fin des cantonales. Mais le journal Challenges a mis la main dessus. La direction de La Poste veut supprimer un très grand nombre de boîtes aux lettres en zone rurale, afin de les remplacer par des boîtes aux lettres collectives (dites CIDEX) implantées à plusieurs dizaines de mètres des domiciles desservis. Son objectif est de passer de 1% des habitants aujourd’hui privés de boîtes individuelles en milieu rural à 37% en 2017.
Le service rendu par ces CIDEX est pourtant désastreux. L’entretien des boîtes aux lettres qui revient à la charge de La Poste laisse plus qu’à désirer. Les usagers ont parfois la plus grande peine du monde à récupérer la clé de leur boîte. Enfin il faut dans certains cas parcourir plus d’un kilomètre aller-retour pour récupérer son courrier.
Mais le problème du patron de la Poste, Jean-Paul Bailly, n’est pas le service public. Ce partisan zélé de la transformation de la Poste en société anonyme ne jure que par la rentabilité. Il a mis main basse sur le bien public et résolu de le transformer en une affaire qui rapporte. Il y est parvenu puisque la Poste a accumulé 4,2 milliards d’euros de bénéfices depuis 2004, avec plus 500 millions d’euros de bénéfices par an en 2008, 2009 et 2010 (561 millions en 2010, en hausse de 6,1 %). Pour parvenir à ce résultat le service public a été méthodiquement démantelé.
5 200 bureaux de poste ont été fermés depuis 2002 et 60 000 emplois supprimés dans le même temps. D’ici 2015, la Poste programme 50 000 suppressions supplémentaires d’emplois : les CIDEX tombent donc à pic. Bailly a multiplié le recours à l’emploi précaire, intensifié les rythmes de travail et imposé des mutations forcées aux agents sur le modèle de France Télécom. Résultat : 71 suicides depuis 18 mois, une macabre comptabilité qui dépasse le « score » de France Telecom. Le nombre d’accidents du travail a aussi progressé de 33 %.
La Poste a fait l’objet de plusieurs condamnations pour recours abusif aux contrats précaires, comme une condamnation en 2005 pour avoir imposé 108 CDD successifs à une employée sur 4 ans et un nouveau litige en 2010 pour une employée ayant subi 200 CDD sur 13 ans ! En juin 2010, la médecine du travail alertait la direction de La Poste et les ministères de la santé et du travail sur la « très forte augmentation » des « arrêts maladie, accidents du travail, maladies professionnelles« , « exclusivement liés à des situations de vie professionnelle« . Elle pointait « l’épuisement physique et psychique des agents de distribution« .
Face à la contestation syndicale, Bailly dénonce les « gréviculteurs » et multiplie les procédures disciplinaires allant jusqu’à demander la mise à pied de militants syndicaux. Mais ce ne sont pas les défenseurs du service public qui doivent être virés de la Poste, c’est le fanatique du privé qui s’est installé à sa tête. Si le Front de Gauche cartonne aux cantonales, Bailly peut se faire du souci. Et si nous l’emportons en 2012, il peut sans attendre faire sa valise.