Ecole: Au prétexte de lutter contre l’échec scolaire, il s’agit tout d’abord de faire des économies
Le 07 / 03 / 2011,
La logique du socle commun dévoilée
Le Parti de Gauche s’alarme de la proposition de loi déposée le 15 février par 5 députés UMP visant à créer « des établissements publics du socle commun ». Il est envisagé de regrouper à titre expérimental pour 5 ans écoles élémentaires et collège d’un même secteur.
Au prétexte de lutter contre l’échec scolaire en favorisant la continuité pédagogique entre Primaire et Secondaire, il s’agit tout d’abord de faire des économies par une « mutualisation des moyens » comme l’indique l’exposé des motifs.
C’est également un levier pour remettre en cause les statuts des personnels. En effet se dessine en arrière-plan la volonté à terme de créer une filière Education composée d’enseignants polyvalents et corvéables à merci susceptibles d’intervenir à tout instant à n’importe quel niveau et ce au mépris des qualifications et des statuts. L’opération passe par la disparition des corps de la fonction publique fondés sur une formation disciplinaire et l’obtention d’un concours national. On ne peut qu’être frappé à cet égard de la similitude avec le dispositif ECLAIR (écoles, collèges et lycées pour l’innovation, l’ambition et la réussite) mis en place en septembre 2010 et étendu à près de 2000 établissements à la prochaine rentrée.
La cohérence de nombre des réformes ministérielles des années précédentes est ainsi mise en exergue : elles prennent place dans un plan d’ensemble destiné à ébrécher le service public d’éducation. Le socle commun défini par la loi d’orientation du 29 avril 2005, le livret de compétences, le conseil pédagogique et les PPRE (programmes personnalisés de réussite éducative) sont de la sorte requis pour justifier cette proposition de loi. Il en va même jusqu’à tenter de limiter dans les faits l’exercice du droit de grève en stipulant qu’en vue de l’application du service minimum d’accueil (SMA) dans le Primaire le calcul du taux de grévistes s’effectuera par rapport au nombre total d’enseignants intervenant dans les classes du premier degré, et non plus par rapport aux seuls enseignants du premier degré en raison des échanges d’enseignants prévus entre les deux niveaux.
Le Parti de Gauche réaffirme comme priorités la défense des statuts des personnels, le maintien des cadres nationaux et le refus de tout glissement vers plus d’autonomie. La logique du socle commun est ainsi dévoilée pour celles et ceux qui n’auraient pas voulu en voir jusqu’à présent le caractère rétrograde : une vision minimaliste et utilitariste des savoirs transmis pour une Ecole à deux vitesses aux antipodes l’ambition humaniste d’émancipation et d’égalité d’une Ecole de la République digne de ce nom.
Francis DASPE
Président de la Commission Nationale Education du Parti de Gauche
Mars 2011