Faut-il re-nationaliser la production d'électricité ?
Les médias et la classe politique française ont lancé un débat autour du nucléaire civil français et tirent comme unique enseignement du désastre nucléaire japonais que notre pays doit au plus vite sortir de l’utilisation de cette énergie dangereuse. Le péril se situe pour l’instant sur nos écrans de télé, à l’autre bout de la planète, mais pourrait très bien se produire sur notre sol, même si nous ne sommes pas immédiatement menacés par un danger sismique. Autant il est politiquement facile de promettre à un électorat de sortir du nucléaire, autant il est économiquement impossible de réaliser cette promesse. Il est même un peu schizophrénique pour des mouvements écologistes de promettre d’un côté la sortie du nucléaire et de l’autre la réduction des émissions de CO2, puisque la sortie du nucléaire implique la substitution énergétique par des énergies fossiles, chères et plus polluantes. D’autre part les énergies renouvelables ne parviendront jamais à compenser l’abandon du nucléaire ou alors à un prix qui est inatteignable pour notre économie. Dans l’immédiat une autre question devrait se poser ; la France ne devrait-elle pas re nationaliser ses entreprises qui produisent de l’électricité à partir du nucléaire ? Il est cocasse de penser que la libéralisation du marché de l’énergie, la boîte de Pandore, a été ouverte par le Gouvernement Jospin d’ouverture lui aussi auquel le parti Les Verts participait.
Le désastre nucléaire japonais, un risque produit par le secteur privé
Voir l'article publié sur le blog du PG ici : http://www.partidegauche66.com/article-avez-vous-entendu-parler-de-tepco-tokyo-electric-power-company-69381544.html
Le monde est actuellement tenu en haleine par les images d’explosion de la centrale de « Fukushima », le mot le plus anxiogène de l’actualité, juste devant Kadhafi. Mais on sait moins qu’il se cache derrière ce nom, une entreprise, Tepco pour Tokyo Electric Power Company, qui n’est autre que l’entreprise exploitante de la centrale en péril et le premier producteur privé d’électricité au monde. L’entreprise Tepco exploiterait 17 réacteurs nucléaires. Le cas de Fukushima a eu pour autre dommage de déterrer le passé de l’entreprise. Et lorsque on lit la liste des déboires de Tepco, on se rend compte qu’on pouvait s’attendre à la survenance d’un tel désastre. Aujourd’hui le journal Le Figaro révélait que l’entreprise aurait dans le passé falsifié pendant des années des rapports d’inspection sur la sécurité nucléaire de ses installations, visant à couvrir 200 incidents graves dans ses centrales, dont celle de Fukushima. La fraude était telle que l’agence de sûreté nucléaire industrielle japonaise avait, en 2002, obligé l’entreprise à fermer 7 de ses 17 réacteurs pour les mettre aux normes de sécurité.
En 2007 se produit un autre évènement prémonitoire, le séisme de Chuetsu-oki, la magnitude n’est que de 6,8 sur l’échelle de Richter, relativement faible par rapport à la magnitude 9 du séisme dont le japon vient d’être frappé. Mais cet incident laisse des traces et déjà des installations nucléaires de l’entreprise Tepco sont endommagées. La centrale de Kashiwazaki-Kariwa, située à seulement 10 kilomètres de l’épicentre a du subir des arrêts d’urgence de ses réacteurs. L’entreprise Tepco a eu un mode communication assez spécial en réfutant d’abord tout danger pour les populations et pour l’environnement. En réalité des déchets radioactifs avaient été touché par le séisme et de la radioactivité et plus de radioactivité que celle révélée par Tepco aurait été libérée dans l’atmosphère.
J’ai entendu une opinion selon laquelle Tepco n’aurait pas immédiatement pris la bonne décision ne noyant pas tout de suite les réacteurs nucléaires de la centrale Fukushima avec de l’eau de mer, de peur de les perdre. Ironie du sort l’entreprise Tepco qui avait pris tant de liberté avec la sécurité de ses installations pour ne pas ternir son bilan économqiue est entrain de s’effondrer en bourse.
Re nationaliser la production d’électricité à partir de la source nucléaire
Lors de la dernière conférence de presse les dirigeants de Tepco ont présenté à la presse japonaise et mondiale leurs excuses pour le désastre qui est entrain de se produire. La mise en scène des dirigeants japonais était faite à la japonaise, avec la tête basse en portant tout le poids de la catastrophe sur leurs seules épaules. Ce mea culpa n’est peut être pas seulement du à la culture japonaise, qui ne laisse aucune place à l’échec, elle provient peut être aussi d’un véritable sentiment de culpabilité parce que les dirigeants de Tepco sont conscients d’avoir commis des fautes dans la gestion de leur entreprise. En effet révéler un incident nucléaire sur une centrale, même infime soit-il, aurait impliqué automatiquement une sanction des marchés boursiers. Mettre aux normes de sécurité une centrale nucléaire ou même parer des dangers ou des risques même improbables, comme un séisme gigantesque aurait impliqué des coûts pour l’opérateur privé qui au mieux entament sa rentabilité, au pire dépassent ses capacités. L’intérêt économique d’un exploitant d’une centrale nucléaire va à l’encontre de la sûreté qu’il doit mettre en oeuvre dans son appareil de production. La question que nous devons nous poser dans l’immédiat, plutôt que la sortie du nucléaire est ; est -il prudent de confier des instruments aussi dangereux que des centrales nucléaires à des opérateurs privés ? Plus largement faut-il prolonger la privatisation des marchés de l’électricité ? La réponse raisonnable est bien entendu non. Le risque de Fukushima doit nous faire prendre conscience que la France doit re nationaliser au moins les outils de productions électrique d’origine nucléaire, afin que nous mettions au moins des normes de sécurité et de sûreté nucléaire au niveau du danger que l’on risque.
Hors sujet. Les pouvoirs politiques ont vendu aux citoyens une idée selon laquelle, une privatisation des marchés de l’électricité allait engendrer plus de concurrence et donc une baisse des prix, alors qu’au nom du maintien de cette même concurrence, l’Etat français est entrain de prendre une la Loi dite « Nome » qui impliquera automatiquement pour le consommateur final une augmentation des tarifs de son électricité ! Inepte.
Source :http://www.politoblog.com/