identité nationale, nous ne débattrons pas !
L'excellent quotidien en ligne Mediapart organise une pétition contre le débat organisé par le pouvoir sur l’identité nationale.
«Nous ne débattrons pas». Mediapart lance avec près de deux cents personnalités un appel à refuser le «grand débat sur l'identité nationale» organisé par le pouvoir. Vendredi 4 décembre, le premier ministre et le ministre Eric Besson s'engageront dans ce débat organisé avec l'Institut Montaigne et auquel s'associent Le Monde, Le Point, France Culture et I-télé. Pour notre part, nous estimons que ce débat «n’est ni libre, ni pluraliste, ni utile». De Dominique de Villepin à Olivier Besancenot, de Martine Aubry à Daniel Cohn-Bendit, de Marie NDiaye à Patrick Chamoiseau, de Claude Lanzmann à Tahar Ben Jelloun, des dizaines d'intellectuels, écrivains, artistes, responsables politiques ont déjà signé cet appel. Rejoignez-les.
Par principe, nous sommes favorables au débat. A sa liberté, à sa pluralité, à son utilité. C'est pourquoi nous refusons le « grand débat sur l'identité nationale » organisé par le pouvoir : parce qu'il n'est ni libre, ni pluraliste, ni utile.
Il n'est pas libre car c'est le gouvernement qui le met en scène, qui pose les questions et qui contrôle les réponses. Il n'est pas pluraliste car sa formulation réduit d'emblée notre diversité nationale à une identité unique. Il n'est pas utile car cette manœuvre de diversion est une machine de division entre les Français et de stigmatisation envers les étrangers.
Affaire publique, la nation ne relève pas de l'identité, affaire privée. Accepter que l'Etat entende définir à notre place ce qui nous appartient, dans la variété de nos itinéraires, de nos expériences et de nos appartenances, c'est ouvrir la porte à l'arbitraire, à l'autoritarisme et à la soumission.
La République n'a pas d'identité assignée, figée et fermée, mais des principes politiques, vivants et ouverts. C'est parce que nous entendons les défendre que nous refusons un débat qui les discrédite. Nous ne tomberons pas dans ce piège tant nous avons mieux à faire : promouvoir une France de la liberté des opinions, de l'égalité des droits et de la fraternité des peuples.