Le Front National un danger à droite, Le Front de Gauche des solutions à gauche.
Aurélien Saintoul, notre tout jeune délégué des Pyrénées Orientales au Conseil National du Parti de Gauche, nous donne ici quelques éléments de réflexion qui méritent l’attention sur cette fin de semaine qui a été marqué par la promotion médiatique de « La Marine nationale ».
Marine Le Pen qui, vous ne le savez peut-être pas, est la compagne de l’Avocat Perpignanais Louis Aliot et réside épisodiquement à Millas en Roussillon.
Bonne Lecture :
Il arrive aux sondages d’être instructifs : c’est le cas de ceux qui nous montrent dans quelles couches de la population la sympathie à l’égard du Front National est la plus élevée. Alors que la caste médiatique ne manque jamais de signaler tout ce qui à leurs yeux rapprochent les extrêmes, dont le Front de gauche, toujours à leurs yeux, fait partie, une certaine discrétion entoure ces chiffres livrés le plus souvent sans commentaire, quand d’ordinaire les grands stratèges de la presse et du sondage se montrent plutôt bavards. Ces chiffres montrent, en effet, que loin de toucher les classes populaires, cette masse informe, irréfléchie et brutale, l’épidémie de sympathie pour le FN version Marine Le Pen touche beaucoup plus largement l’électorat de l’UMP.
Que n’avons-nous pas entendu lorsqu’en 2007, pendant la campagne des présidentielles, nous disions de Sarkozy qu’il faisait le jeu du Front National ? Les prétendus journalistes alors ne manquaient pas de délivrer au candidat à l’élection présidentielle, un certificat bidon de « fréquentabilité ». Nicolas Sarkozy voulait-on nous rassurer, certes est de droite, c’est-à-dire libéral avec ce que cela devait impliquer de défauts, à nos yeux de gauchistes, mais aussi de garantie, à nos yeux de démocrates. Mais, aller au-delà dans la critique, il fallait être un extrémiste. Les commentateurs qui se croyaient les plus fins, pour montrer qu’ils ne se laissaient pas berner par les rodomontades nationalistes du candidat Sarkozy, affirmaient sans rougir qu’il viderait le Front National de ses électeurs et le mettrait à genoux. Belles prédictions de ces demi-habiles stipendiés. On le voit bien aujourd’hui, si l’UMP devait mettre le FN à genoux ce ne pourrait être autrement que pour célébrer leurs noces.
Car l’entreprise de séduction de Nicolas Sarkozy qui refusait qu’on culpabilisât les électeurs du Front National, qui refusait d’admettre que ce parti est repoussant et que les électeurs qui lui avaient fait confiance avaient fait, pour les plus démocrates d’entre eux , preuve d’irréflexion _ ce qui est en soi condamnable et nuisible aux Républiques _ en faisant en somme du FN un parti comme les autres, Nicolas Sarkozy et l’appareil médiatique qui l’a soutenu portent une très lourde responsabilité dans l’insupportable montée du Front National dans les sondages.
Et pendant ce temps-là, les socio-démocrates, hommes qui se veulent mesurés en toutes choses, se mettent à appeler frénétiquement au vote utile. Daniel Cohn-Bendit craint un nouveau 21 avril ; François Hollande s’alarme que la gauche ne se range pas d’office et d’autorité derrière le Parti dit-Socialiste et tout cela n’ira qu’en s’amplifiant; mais la peur n’évite pas le danger et le PS montre encore une fois tout son manque d’imagination en agitant ce spectre devant nos yeux et méconnaît l’impératif qui est fait à la gauche de se montrer ambitieuse, conquérante et décomplexée. Ce qu’on a raison de craindre et ce qu’on doit s’apprêter à combattre, ce n’est pas de n’avoir plus à choisir qu’entre la droite et l’extrême droite, mais la victoire d’un FN qui aura revêtu les oripeaux de la droite républicaine.
La faillite du système qui nous submerge exige que la gauche tranche avec l’eau tiède de la cogestion capitaliste qui nous a amenés dans le mur et le consensus mou pour combattre pied à pied le camp d’en face qui finira bien par donner un blanc-seing au Front National pour montrer les muscles et faire le « sale boulot » à sa place, pour garder le « populo » aux ordres du marché. Ce combat-là ne se gagnera pas avec le FMI et les tenants de l’ordre établi planétaire. Il faut que ce combat-là le Front de Gauche le gagne.
Aurélien Saintoul