Le PS sait-il encore ce que s'opposer veut dire?
Un article passionnant d 'Edwy Plenel sur Médiapart à lire Ici: http://www.mediapart.fr/journal/france/130711/les-rendez-vous-manques-des-dirigeants-socialistes
Nous vous en livrons quelques morceaux choisis
"Ce n'est pas demain mais aujourd'hui même que les Français ont besoin de savoir, de vérifier surtout, si les socialistes feront une politique fondamentalement différente de l'actuelle"
"A moins d'un an de l'élection présidentielle, le PS ne cesse de manquer les rendez-vous de principe et d'action où se construit, se crédibilise et s'enracine dans l'opposition une alternative. Ses dirigeants se comportent comme si l'avenir était joué et, quel que soit leur candidat(e), tournerait en leur faveur. Rien n'est moins sûr tant nous vivons une époque où, plus que jamais, l'histoire n'est pas écrite, mais incertaine, inattendue et improbable. De la grande à la petite histoire, du surgissement imprévisible des révolutions arabes à l'arrestation impensable de DSK pour crimes sexuels, sans compter la victoire d'Eva Joly aux primaires de l'écologie ou la dynamique unitaire créée par le Front de gauche autour de Jean-Luc Mélenchon, c'est la leçon des mois derniers. "
Le soutien du PS à la guerre imbécile de Libye
A la veille du 14 juillet, Nicolas Sarkozy a donc reçu, mardi 12, à l'Assemblée comme au Sénat, l'onction parlementaire qu'il souhaitait pour se poser en chef de guerre alors même que son aventure libyenne est un fiasco doublé d'un imposture.
cette guerre était le plus mauvais service rendu aux révolutions pacifiques arabes naissantes. Imbécile dans sa définition comme dans sa conduite (lire ici l'article de François Bonnet), elle ne relève pas d'un soutien sincère au peuple libyen mais d'un parti pris dans une guerre civile où se dispute l'héritage d'une dictature soutenue, jusqu'à récemment encore, par le pouvoir français
Sous l'affaire DSK, les ravages délétères du présidentialisme:
Eloigné, Dominique Strauss-Kahn le fut aussi bien dans le temps que dans l'espace. Nommé à la direction générale du FMI avec le soutien d'un Nicolas Sarkozy à peine élu, il n'a pas fait le choix de s'opposer à Paris, mais de se protéger à Washington. Bulle communicante, aussi bien médiatique que sondagière, la candidature « DSK », avant même de se fracasser sur un fait-divers sexuel, était une coquille vide, sans autre réalité que l'éloignement, sans autre contenu que son silence. Quant au fait d'avoir été le gestionnaire de l'institution financière mondiale en pleine crise économique, il tenait lieu de gages aux possédants bien plus que d'attrait pour les classes populaires dont, au passage, certains socialistes ont même oublié qu'elles restaient le groupe social majoritaire du pays
Comme expliquer, par exemple, que l'intéressé, légitimement occupé à se défendre d'accusations graves, ait trouvé le temps d'écrire à ses amis du FMI, pour leur rendre leur liberté, et n'ait toujours pas réussi à s'adresser à ses camarades socialistes, pour les libérer eux aussi de l'embarras qu'il leur cause ? En finir avec l'affaire Strauss-Kahn, son poison dépolitisant et son climat délétère, de rumeurs et de spéculations, aurait supposé une direction socialiste plus à même de faire prévaloir l'intérêt général de la gauche sur des intérêts particuliers, tissés d'alliances circonstancielles et de fidélités personnelles.
en soutenant la candidature de Christine Lagarde au FMI, notamment par la voix de Martine Aubry, le PS a réussi ce tour de force de ruiner les maigres plaidoyers en défense de « DSK vrai homme de gauche » dans ses fonctions de grand argentier du capitalisme mondial. Ainsi donc la ministre de l'économie qui incarnait en France une politique anti-sociale, au bénéfice des plus riches et au détriment du plus grand nombre, serait donc, pour les socialistes, la mieux à même de succéder à l'un des leurs à la tête du FMI ! Sans compter qu'en faisant cet aveu d'une classe politique interchangeable, le PS se contredisait lui-même, ignorant les procédures engagées par certains des siens contre Christine Lagarde dans l'immensément scandaleuse affaire Tapie.
Contre les agendas professionnels, parier sur l'événement
En 2009, après l'alerte des élections européennes, ils s'étaient soudain inquiétés et provisoirement remis en cause, alors que nous les interpellions déjà sur leurs renoncements successifs (lire ici notre parti pris de l'époque). La rénovation devint leur mot fétiche, avec la perspective de primaires de la gauche qui seraient une sorte de bain de jouvence. Deux ans ont passé, et rien n'a vraiment changé. Ou, plutôt, comme dans Le Guépard, le roman de Lampedusa, si tout a changé en apparence avec la procédure des primaires, c'est, dans l'esprit des principaux dirigeants socialistes, pour que rien ne change
L'intégralité de L'article ICI : http://www.mediapart.fr/journal/france/130711/les-rendez-vous-manques-des-dirigeants-socialistes