fillon, costume et affirmation, droit dans ses bottes quel bruit!

Publié le par LE PARTI DE GAUCHE


Invité de France Inter, François Fillon a ressorti du placard son costume de sage tranquille. Le premier ministre a, comme on dit, fait le job. Mais avec un calme et une sérénité qui tranchent de fait avec les gesticulations du Président.


François Fillon a fait sa rentrée politique sur France Inter ce lundi 30 août. Après l'épisode de la veste «forrestière» endossée à Brégançon, l'occupant de Matignon a retrouvé ce matin son costume plus sage de chef du gouvernement.

François Fillon - France Inter

Alors que les universités d'été ont été autant d'occasions pour la gauche - mais aussi pour certains membres du gouvernement- de critiquer vigoureusement la politique menée par Sarkozy, faite selon Martine Aubry de «dérapages»«d'échecs» et de «mensonges», le premier ministre semblait avoir ce matin pour mission l'extinction des feux de forêt allumés par l'opposition.

Arguant d'emblée se refuser à tout commentaire concernant les critiques suscitées par l'expulsion des Roms -«le rôle du Premier ministre, ce n'est pas de commenter, c'est de mettre en oeuvre la politique du gouvernement»- Fillon s'est finalement donné la peine de contrer une à une toutes les attaques.
En préambule de son intervention très didactique, il a d'abord rappelé que la politique de reconduite des Roms était «menée par la quasi totalité des pays européens». Expliquant ensuite avec calme et patience qu'il «n'y a pas de discours de stigmatisation mais une politique qui respecte la loi», le chef du gouvernement a appeler à «ne pas stigmatiser la communauté Rom» et à «ne pas instrumentaliser la question de l'immigration». 

Interrogé sur les déclarations de Bernard Kouchner, qui venait d'affirmer sur RTL  qu'il «n'était pas content de cette polémique et avait profondément pensé à la démission», Fillon, imperturbable, a étouffé le début d'incendie: «Non seulement Bernard Kouchner n'a pas démissionné mais il a fait un discours vendredi dernier dans lequel il a défendu la politique du gouvernement». Pour une fois que le ministre des Affaires étrangères tentait de prendre ses distances avec Sarkozy, il est habilement rattrapé au vol par Fillon. 

Il a ensuite profité des propos d'Hervé Morin   pour afficher sa fermeté: «On aura l'occasion d'en discuter avec monsieur Morin, je ne l'ai jamais entendu émettre la moindre réserve lors du Conseil des ministres». Comme Kouchner, Morin a tenté de faire preuve d'audace mais Fillon aura réussi à transformer en lâches écarts ces prises de position apparemment téméraires.

Enfin, les propos de Dominique de Villepin   qui avait déploré la «tache de honte sur notre drapeau», sont évacués d'un revers de main par le Premier ministre. Jugeant les déclarations «grandiloquentes» et insistant sur les similitudes entre la politique actuelle et celle menée par Villepin à Matignon, Fillon attaque avec une tranquillité tranchante le leader de République solidaire :«Ces formules ne sont pas le signe d'une grande force de caractère».

Aucun problème donc à l'horizon Fillon. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais au-delà des phrases convenues d'un premier ministre, le message subliminal de François Fillon était assez clair : pendant que Sarkozy gesticule, le Premier ministre, lui, est bien celui qui sait apaiser les esprits. N'est-ce pas ce dont la France a besoin aujourd'hui ?
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