L'air et la chanson.

Publié le par Vincent

L'air et la chanson.  A la radio, j’entends par hasard quelques notes de l’Internationale qui me suivent en rengaine toute la journée. Comme beaucoup, je connais l’air mais très peu les paroles. Facile, avec Internet :

 

Debout ! Les damnés de la terre
Debout ! Les forçats de la faim
La raison tonne en son cratère :
C’est l’éruption de la fin
Du passé faisons table rase
Foule esclave, debout ! Debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !

C’est la lutte finale
Groupons nous et demain
L’Internationale
Sera le genre humain.


Il n’est pas de sauveurs suprêmes :
Ni Dieu, ni césar, ni tribun,
Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l’esprit du cachot
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer tant qu'il est chaud !

L’Etat opprime et la loi triche :
L’Impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose au riche ;
Le droit du pauvre est un mot creux.
C’est assez languir en tutelle,
L’égalité veut d’autres lois ;
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
Égaux, pas de devoirs sans droits ! »


Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail
Ont-ils jamais fait autre chose
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande
Ce qu’il a créé s’est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende
Le peuple ne veut que son dû.

Les Rois nous saoulaient de fumées.
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l’air et rompons les rangs !
S’ils s’obstinent, ces cannibales,
À faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Ouvriers, Paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs :
La terre n’appartient qu’aux hommes,
Le riche ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent !
Mais si les corbeaux, les vautours,
Un de ces matins disparaissent,
Le soleil brillera toujours !



Il y a de la fougue, des mots sans mesure, Dieu… Rois… Généraux… Corbeaux… Vautours… Cannibales… Damnés… Forçats de la faim… Foule esclave… Malheureux…  Mais c’est un hymne,  la foule en colère ne fait pas dans la dentelle. A plus de cent, poing en l’air, on ne chante plus des bluettes ! Il faut dire aussi que les paroles de l’Internationale ont été écrites en pleine répression de la Commune ; en face, les canons ne jetaient pas des paroles en l’air.

Je me méfie de la foule, je sais ce que chacun y devient. Dans n’importe quelle foule, on n’est plus soi-même et le pire est qu’on aime ça. Pourtant il y a bien un moment où il faut sortir et crier si on ne peut pas être entendu autrement. Je me méfie de la foule mais je n’aime pas non plus savoir les citoyens calfeutrés dans leurs trous derrière leurs rideaux tirés ou devant leur télévision, passifs, impuissants, apeurés et tremblants.

Alors, oui à la foule mais en dernière extrémité, en désespoir de cause. Oui à la foule comme j’aime en avoir des nouvelles à la radio : « La foule était beaucoup plus importante que prévue… un vrai raz de marée… manifestation puissante et bon enfant… sous le soleil… s’est dispersée dans le calme…  le pouvoir est au pied du mur… »

Et tant qu’à chanter un hymne, autant qu’il soit international que national, autant dire « nous ne sommes rien, soyons tout » que de d’appeler « la gloire » et « le sang » ; Vous connaissez La Marseillaise. Quelques paroles seulement ? Vous aussi ?

Le paradoxe, c’est que l’Internationale a été écrite sur l’air de la Marseillaise. Ce n’est que dix-sept ans plus tard, en 1888 que Pierre Degeter a écrit la musique que nous lui connaissons aujourd’hui.

Vincent

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M
Relevant l'allusion à la Marseillaise, "et tant qu’à chanter un hymne, autant qu’il soit international que national", je vous envoie un billet d'humeur que j'avais publié en 2005, j'étais alors prof d'Anglais et Fillon venait d'instituer l'apprentissage de la Marseillaise dans les classes de primaire et maternelle:<br /> <br /> La perspective d’un bac nouveau a fait descendre dans les rues des bataillons de lycéens, mais qu’en sera-t-il de la cerise sur le gâteau de la réforme ? Les élèves des écoles primaires n’ont certainement pas noté la réformette qui les guette, afin de faire d’eux de vrais citoyens. Mais vous, les parents, vous êtes contents de ce petit plus ? Et vous, les professeurs des écoles présents ou à venir ? Moi, je vous le dis tout net, l’idée que des enfants vont apprendre par cœur les paroles de notre hymne national me dérange passablement ! Cela me gêne que des enfants exhortent à prendre les armes et à former des bataillons. Cela me peine qu’ils se prennent pour de fiers guerriers magnanimes aux bras vengeurs, terrassés par de féroces soldats. Cela me fait mal qu’ils apprennent que s’ils tombent au combat, pas grave, la terre en produit de nouveaux tout prêts à se battre ! Cela m’arrache les tripes que des gamins puissent chanter haut et fort que leur sublime orgueil consiste à venger ou à mourir ….. Au diable si je semble un peu mièvre, mais j’aimerais mieux qu’ils entraînent leur mémoire avec les bonnes vieilles fourmis de dix-huit mètres, qui n’existent pas, et pourquoi pas ? <br /> Optimiste cependant, je fais confiance au génie créatif des imaginations enfantines pour agrémenter les bataillons et les « Marchons, marchons » de quelques poils au menton, poils au trognon, propres à détendre l’atmosphère (et pour la tyrannie, qu’est-ce qu’on dit ?) Les plus littéraires, les meilleurs en poésie, chercheront des rimes riches et se réjouiront qu’un sang impur abreuve nos sillons, merci Fillon !Mais franchement, cela ne vous fait pas frémir que les enfants puissent penser, voire chanter , que dans certaines veines il coule un sang impur ? Est-ce bien d’actualité ? En des temps où l’on s’efforce de lutter contre toute forme de racisme, d’ostracisme, contre l’antisémitisme, l’islamophobie, l’homophobie, toutes les vilaines peurs et les méchantes haines, en des temps où l’on prône le respect de l’autre, on glisserait quand même, dans le huis-clos des salles de classe, qu’il existe des sangs moins purs que d’autres ? Curieux de nature, et cela fait leur charme, les bambins ne vont pas manquer de regarder autour d’eux pour chasser l’impureté. Et pof, j’ te casse la gueule à la récré, t’as l’ sang impur …. <br /> Comment expliquer aux enfants que les forces militaires devraient être des forces de paix quand ils apprendront qu’un soldat c’est féroce, ça mugit, ça égorge les filles et les compagnes ? Plus fort que les jeux vidéo, accusés pourtant d’être source de violence …. <br /> Le texte est long, et difficile. Il faudra du temps pour en remplir les jeunes mémoires. A raison d’une strophe par mois, on arrivera à peu près en mars à la Victoire qui accourt « à tes mâles accents ». Juste à temps pour la journée de la femme ! Bon, les filles, c’est comme ça, la victoire, elle aime les mâles accents, tirez vos conclusions pour les défaites et chantez ! <br /> Faudra-t-il connaître à la perfection les sept strophes et le refrain pour maîtriser le socle commun des connaissances ? Et si le but était de faire étudier la musique aux enfants ? Hymne pour hymne, on aurait pu leur apprendre avec bonheur que l’Europe a adopté <br /> « L’hymne à la joie »… Pas assez formateur, sans doute…<br /> <br /> Mireille Chastagner
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E
Chanson pour chanson<br /> http://www.youtube.com/watch?v=2o75PGWI8gA<br /> Le 31 juillet 1914 était assassiné un homme de Gauche...de pure Gauche...<br /> Si il savait...
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