Suspendu pour injures raciales, un préfet!

Publié le par Vincent

Un préfet de la République est suspendu pour injures raciales. Contrôlé à un portique de sécurité de l'aéroport d'Orly, il aurait jeté le contenu de ses poches au visage d'une employée en faisant état de sa qualité de préfet et disant "Où on est là? On se croirait en Afrique (…) Il n'y a que des noirs ici" sur le ton de l'invective.

L'employée agressée porte plainte le 4 août. Dix jours après, le Parquet de Créteil ouvre une enquête pour "injures publiques à caractère racial". Plusieurs témoins directs auraient assisté à la scène. Brice Hortefeux suspend le Préfet jusqu'aux résultats de l'enquête: " Je ne tolérerai jamais que des propos racistes ou discriminants soient tenus dans notre pays, d'autant plus par un représentant de l'état. Ces comportements sont indignes des valeurs de notre république."

Ces mots sont agréables à lire pour le citoyen d'un pays qui, à côté de liberté, a mis égalité et fraternité dans sa devise. Donc agréables à lire mais, de même que je mets du conditionnel et ne nomme pas le préfet en question qui n'a pas encore été jugé, je ne me presse pas de féliciter notre gouvernement, préférant le juger sur ses actes que sur de belles paroles.

En effet, le préfet a déjà été jugé deux fois pour des faits du même ordre et chaque fois acquitté pour vices de forme, sans que le parquet ne fasse appel… M. Sarkosy, alors ministre de l'Intérieur avait fustigé haut et fort ces agissements indignes mais n'avait pas révoqué le préfet, le mettant simplement "hors cadre". La punition fut douce, d'autant que c'est lui qu'on a choisi récemment pour le poste de coordinateur des Etats Généraux de l'Outre-mer à la Réunion. Nomination qualifiée d'ubuesque par Mouloud Aounit, le président du MRAP.

J'ai vu plusieurs personnes ordinaires, c'est-à-dire ni pires ni meilleures que vous et moi, ne pas être choquées par ce fait-divers, disant, sans y voir de mal qu'en effet, il y a beaucoup de noirs en France. Bien sûr qu'il n'y a pas de mal à remarquer qu'il y a beaucoup de noirs qui sont chez eux chez nous. C'est comme remarquer qu'il y a beaucoup d'hispaniques en Amérique du Sud, beaucoup d'Irlandais à New York, d'asiatiques à la Réunion et de blonds en Angleterre. Mais le dire pour s'en plaindre, - à fortiori sur le ton de l'insulte ou de l'invective - et en visant une origine africaine qui a été dramatiquement ségréguée dans l'histoire et le reste encore trop, c'est du racisme pur et simple.  Les français de la moyenne qui en parlent comme d'une banalité, qui l'acceptent mollement, sont des complices, j'emploie le mot dans toute sa force. On a vu dans l'histoire que la complicité passive d'une population est le terreau, indispensable et suffisant, des pires dérives

Les citoyens non avertis doivent être avertis. L'état doit se montrer pédagogue en révoquant ses brebis galeuses (grippeuses) et la justice en punissant. Jean Paul Sartre l'a très bien dit: "le racisme n'est pas une opinion, c'est un crime".

Vincent

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Publié dans Société

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