Visa, le poids des mots, l'insignifiance des photos.

Publié le par M. Vilaroja


Ça y est, ce coup-ci l’été semble bien fini… fête du vin nouveau, premières fraîcheurs de l’aube… la relative agitation et jusqu’au souvenir de Visa s’effacent doucement, en attendant l’an prochain. Visa justement, « festival du photo reportage »: me suis promené un peu cette année dans quelques expos en me demandant si j’étais le seul perpignanais à être lassé par ces tombereaux de photos de suppliciés  et autres horreurs.

On me dit que ces exhibitions sont civiques : ça nous rappelle les malheurs du monde. Bon. En quoi les promenades de fin d’été dans les rues de Perpignan ont-elles changé quelque chose aux affaires du monde ? 

Je crois que le succès tient plutôt à la satisfaction d’un voyeurisme façon Voici ou Ici Paris, en plus chic, pour bobos et intellos. Là ou s’arrêtent les turpitudes d’Internet commencent celles de Visa…

Reste le plaisir de ces ballades dans les rues de Perpignan, celui de revoir des sites souvent fermés le reste de l’année et de croiser toutes ces  belles femmes encore légèrement vêtues. Suggestion pour les draguer : passez un gilet de photographe (un  vieux gilet de pêche fera l’affaire et si vous n’en possédez pas vous en trouverez pour pas un rond à  la place Cassanyes ; agrafez-y un badge, celui dernier « remue-méninges » du PG par exemple fera parfaitement l’affaire). Il ne vous reste plus qu’à déambuler dans les rues en prenant un air avantageux  (pour vous y aider, prévoyez une barbe de quelques jours et n’oubliez pas de laisser ouvert le col de votre chemise) : au minimum, on vous regardera du coin de l’œil comme quelqu’un d’important.

Bien sûr que j’exagère. Mais pourquoi ne pas ouvrir un débat là-dessus ? Mieux encore, répondons ensemble à un défi : comment utiliser ces belles salles d’expo à l’année… ou du moins le reste de l’année, si supprimer Visa vous semble trop politiquement (et économiquement ?) incorrect !

Publicité

Publié dans Société

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
V
<br /> Toujours plus, toujours plus fort, c’est l’esbroufe, la vulgarité, je suis d’accord pour l’ensemble de la manifestation. L’alibi d’informer les consciences ne tient pas : trop d’images choc endort<br /> la conscience.<br /> Bien sûr, forcément, il y a des pépites mais sur le nombre, il faut avoir la chance de tomber dessus et, si l’on tombe dessus, il faut ne pas avoir été gavé jusqu’à la nausée pour être encore tant<br /> soit peu réceptif.<br /> Oui, ce serait bien pour notre ville d’abandonner radicalement la facilité clinquante et putassière et de repartir, modestement et patiemment s’il le faut, sur d’autres projets. Voyez le festival<br /> de la photo d’Arles en Provence qui a une véritable ligne éditoriale artistique : Il a eu beaucoup de mal et de temps à s’imposer à ces sommets, mais il y a réussi. La différence, c’est celle qu’il<br /> y a entre Paris-Match et les Editions Delpire, par exemple. Celle qu’il y a entre des scoops qu’on estime en fortunes d’Euro et les travaux sans concession de véritables artistes qui les financent<br /> eux-mêmes avec le produit d’obscurs travaux alimentaires. Question de choix, de valeur, pour le festival et pour la réputation de notre ville.<br /> P.S. (à la veille de « la marche mondiale des femmes ») Quand vous dites « draguer », je le prends là où vous l’avez mis, c'est-à-dire dans le contexte du « tombereau » et de la vulgarité ambiante.<br /> Je vous en fais crédit.<br /> Draguer, au sens premier (mais le sens figuré en découle), c’est curer les fonds d’un chenal ou d’un port pour enlever en masse ce qui l’encombre : un mélange peu ragoûtant de sable et de vases<br /> fétides. Poésie. La barge ou le chaland qui transporte ce joli mélange pour le déverser en pleine mer est appelé « marie-salope », à cause de son fond qui s’ouvre à la demande. Re-poésie (sommet) !<br /> Les femmes qui marchent tranquillement autour du monde, jambes nues sous leurs robes légères dans l’air encore doux de l’été indien n’aiment pas qu’on les « drague » et pas besoin d’être une femme<br /> pour le comprendre.<br /> Re-PS (pour saluer un inconnu). Vous n’êtes pas un adhérent du PG du département puisqu’on se connaît tous, mais au moins un sympathisant ou un adhérent d’ailleurs, référence au badge du « remue<br /> méninges » Eh ! bien adhérez, vous êtes mûr. Ou bien continuez à « sympathiser » en nous rappelant le souci de notre chère (et pauvre) ville.<br /> <br /> <br />
Répondre