La défense de Jean Sarkozy par Frédéric Lefebvre.

Publié le par Georges

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Le très pertinent Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP, s’est fendu d’un communiqué destiné à éteindre la polémique sur la candidature de Jean Sarkozy pour le poste de Président de l’EPAD.

L’UMP regrette que le PS parle de nomination1 pour l’EPAD, en sachant parfaitement qu’il s’agit d’une élection, que la Loi prévoit que ce soit un élu qui doive en prendre la présidence, et qu’à ce titre, tous les conseillers généraux sont légitimes à être candidats.

La première partie de la phrase est tout à fait exacte. La présidence de l’EPAD résulte bien d’une élection, comme en dispose l’article L. 328-5 du Code de l’urbanisme.

Le conseil d’administration élit son président en son sein.

Au reste, la combinaison du même texte et de l’article R. 328-2 suppose que les membres du Conseil d’administration fussent élus2.

Cependant, c’est une rapidité que de laisser entendre que le le Président de l’EPAD est élu par les conseillers généraux. Aussi bien que de dire que “tous les conseillers généraux sont légitimes à être candidats“.

En réalité, les membres du conseil d’administration sont “désignés” — il s’agit donc bien ici d’une “nomination” — par les communes et le conseil général parmi leurs élus. Et le président est élu parmi ces membres, par le conseil. Autrement dit, tous les conseillers généraux ne sont pas légitimes à être candidats au poste de président. Seuls ceux qui ont été désignés pour siéger au conseil d’administration le sont.

Cette légère et innocente — comment en douter ? — erreur ayant été corrigée, intéressons-nous à la suite du communiqué.

Suivant une célèbre stratégie de comptoir — “la meilleure défense, c’est l’attaque” — le porte-parole de l’UMP cingle vers les eaux connues du Parti socialiste, comme autrefois Caton sur Carthage3.

Si l’on voulait être d’aussi mauvaise foi que le PS, on pourrait lui demander de renoncer à la nomination de Martine AUBRY comme premier secrétaire ! D’autant que fille de son père, Jacques DELORS, elle a connu très jeune une brillante carrière sous le régime de la nomination.

La mauvaise foi, une disposition que l’on sait bien étrangère à Frédéric Lefebvre. Et l’on imagine sans peine les efforts d’imagination qu’a du lui coûter cet exercice si peu familier. Imagination peu fertile ; son honnêteté s’y refuse. C’est peut-être pour cette raison d’ailleurs, que l’analogie qu’il s’efforce d’établir manque si lamentablement son but.

Si l’on ne peut contester que Martine Aubry soit la fille de Jacques Delors, il sera tout d’abord observé que ce dernier n’a pas été Président de la République.

On notera ensuite qu’à 23 ans, elle cirait les bancs de l’Ecole nationale d’administration après une maîtrise en économie et l’Institut d’études politiques. Le désormais candidat à la Présidence de l’EPAD a pour titre une première année de droit et deux échecs aux examens de la deuxième année.

Note aux profanes : cette deuxième année donne des rudiments de droit civil des contrats et de droit administratif4, toutes choses utiles lorsque l’on se dispose à présider un organisme public d’aménagement d’un quartier d’affaires. Donnons  cependant acte à Jean Sarkozy de connaître le programme de première année. On y suit en Sorbonne un cours de droit de la famille fort édifiant sur le devoir de secours entre parents. Une leçon semble-t-il bien apprise.

Mais revenons à Martine Aubry que nous avions laissé rue de l’université. Elle en sorti pour travailler en ministère. Une affectation qui résulte de la liste des postes ouverts aux diplômé de cette noble institution. Une affectation au reste fort commune, au regard des très élitistes Conseil d’État, Inspection des finances, et Cour des comptes. Une affectation, surtout, qui ne doit rien à la faveur paternelle. Jacques Delors, à l’époque, exerçait comme professeur d’économie à l’université Paris Dauphine.

Ce n’est en 1991 que Martine Aubry commence sa carrière ministérielle. Dût la galanterie se récrier, on mentionnera son âge : quarante et un ans. A cette époque, Jacques Delors présidait la commission européenne. Une noble fonction sans lien avec la composition d’un gouvernement que l’on voudra croire empreinte de l’influence du Président de la République d’alors.

Et si Martine Aubry n’avait pas alors, connu de mandat électif, il en va aujourd’hui, au sein du gouvernement, de Christine Lagarde ou de Frédéric Mitterrand.

Bref, Martine Aubry dut sa première nomination à son rang de sortie à l’ENA. Un parcours tout ce qu’il y a de méritocratique en somme, et conforme aux principes dégagés par le Président de la République dans son discours sur la réforme du lycée.

— Cela voulait dire : “désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n’est plus d’être ‘bien né’ : pour réussir, il faut travailler dur, et avoir fait la preuve, par ses études, par son travail, de sa valeur”.

Principe de justice, mais en même temps, principe d’efficacité : car quel meilleur critère que celui du savoir et de la compétence pour désigner ceux qui doivent exercer des responsabilités ?

On ne saurait mieux dire…
Source: Diners Room

http://dinersroom.eu/3412/la-defense-de-jean-sarkozy-par-frederic-lefebvre-cave-canem/

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